Traitement des syndromes de douleur centrale
Les syndromes de douleur centrale sont dus à des modifications ou à des lésions au sein du cerveau, par exemple à la suite d'un AVC ou dans le cadre d'une sclérose en plaques. Ces types de douleurs sont souvent intenses et peuvent s'avérer difficiles à traiter par la seule voie médicamenteuse. La stimulation épidurale du cortex moteur constitue une option thérapeutique possible.
Stimulation épidurale du cortex moteur
Au cours de cette intervention, une fine électrode est placée au-dessus de la zone du cerveau responsable du mouvement (le cortex moteur). De légères impulsions électriques sont ensuite utilisées pour modifier la manière dont les signaux de douleur sont traités dans le cerveau.
Grâce à ce traitement, environ 60 % des patients constatent une réduction de la douleur d’environ 50 %.
En étroite collaboration avec le Centre interdisciplinaire de la douleur, les patients souffrant de douleurs centrales réfractaires aux traitements font l’objet d’une évaluation approfondie. Celle-ci se déroule dans le cadre d’une hospitalisation ambulatoire de deux jours et permet de déterminer si la stimulation du cortex moteur constitue une option appropriée pour le soulagement de la douleur.
L’intervention elle-même est réalisée sous anesthésie locale. À l’aide de techniques stéréotaxiques précises, l’électrode est placée sur le cortex moteur par une petite ouverture pratiquée dans le crâne (d’environ 12 mm de diamètre). L’électrode est dans un premier temps reliée à un stimulateur externe, ce qui permet de tester différents réglages de stimulation pendant plusieurs jours.
Si la stimulation d’essai entraîne une amélioration notable de la douleur, une deuxième intervention est réalisée pour implanter un stimulateur permanent sous la peau, au niveau de la clavicule. Ce dispositif assure alors une stimulation à long terme du cortex moteur afin de contribuer à réduire la douleur.
Névralgie du trijumeau
La névralgie du trijumeau est une affection qui provoque des douleurs faciales soudaines et extrêmement intenses. Ces crises douloureuses se manifestent par de courts épisodes et sont souvent suivies d’intervalles sans douleur pouvant durer quelques minutes, quelques heures, voire plus longtemps.
Lorsque les médicaments ne suffisent plus à soulager la douleur, nous proposons une intervention mini-invasive appelée thermocoagulation percutanée du ganglion de Gasser. Ce traitement est réalisé sous anesthésie locale et constitue une alternative à la chirurgie de décompression microchirurgicale ouverte. Il est particulièrement adapté aux patients âgés ou présentant d’autres pathologies.
Au cours de l’intervention, les fibres du nerf trijumeau responsables de la transmission de la douleur sont traitées de manière sélective au niveau du ganglion de Gasser, un important relais de ce nerf. Grâce à un contrôle précis de la température, les fibres nerveuses concernées sont délicatement désactivées en les chauffant à environ 60–70 °C, tout en préservant les structures environnantes.
Une fine sonde est insérée sous anesthésie locale et sous guidage radiographique en continu afin de garantir un positionnement précis. Une brève stimulation d’essai permet de confirmer le bon positionnement avant que les fibres nerveuses ne soient traitées pendant environ 90 secondes. La sonde est ensuite retirée. Les patients peuvent généralement rentrer chez eux après 1 à 2 jours d’observation à l’hôpital.
Résultats du traitement
De vastes études cliniques montrent d’excellents résultats :
- Soulagement complet de la douleur chez plus de 90,9 % des patients
- Amélioration significative chez les 9,1 % de patients restants
- Les complications graves, telles que la douleur chronique liée à l’anesthésie (anesthesia dolorosa), sont très rares (environ 0,6 %)